LA MINUTE DE L’ENTREPRENEUR AVEC Moufida MOHAMED ABDOULHALIK

Quelles formations as-tu suivi ?

Je suis issue du secteur sanitaire et santé. J’ai obtenu un diplôme d’infirmière en France, où je me destinais à réaliser une carrière en milieu hospitalier, plus précisément, en santé mentale. Aujourd’hui, même si je n’évolue plus dans ce milieu j’ai toutefois gardé certains reflexe et concepts qui me permettent d’enrichir mes autres activités. Notamment, dans ma pratique en tant que formatrice certifiée en création et gestion d’entreprise, ainsi qu’en gestion de projet auprès des femmes.

J’ai compris que parfois le mental et l’état d’esprit des personnes que j’accompagne ont une incidence sur la réussite de leurs projets. Je travaille donc autour de leur développement personnel grâce à des techniques d’analyse de soi, avant d’approfondir leurs projets professionnels.

Quel est ton parcours professionnel, avant la création de ton entreprise ?

A mon retour aux Comores, j’ai eu du mal à trouver ma place dans mon secteur d’activité car la prise en charge psychologique n’était pas privilégiée à l’époque. J’ai donc intégré une des entreprises familiales où j’ai pu développer mes compétences dans la vente et le marketing.

Après la naissance de mes enfants, j’ai eu envie de me lancer dans une activité qui me permettrait d’avoir plus de flexibilité afin d’être plus présente pour eux.

Je savais que me lancer dans les cosmétiques était risqué mais c’était le choix du cœur et j’ai eu la chance d’avoir à mes coté une cousine aussi passionnée et audacieuse que moi pour me suivre dans l’aventure.

Comment t’est venue l’idée de créer CocoMoon ?

J’ai eu pas mal de mésaventures capillaires à une période. Surtout à cause des défrisages excessifs. En 2015, je me suis retrouvée avec une alopécie au sommet du crâne et surtout des brûlures sur les côtés que j’essayais de camoufler tant bien que mal.J’ai commencé à chercher des astuces pour accélérer la pousse et je suis tombée par hasard sur un mouvement qui commençait à prendre de l’ampleur. Celui des naturalistes. Elles prônent la beauté du cheveu noir et l’utilisation de produits plus adaptés pour leurs textures.

Un an après avoir observé ses femmes avec admiration, j’ai voulu me lancer et retrouver ma texture d’origine. Comme un retour aux sources, un retour à moi-même. Mais pour trouver les produits adaptés, il fallait que je les importe aux Comores depuis l’étranger.

Je me suis donc intéressée à ce qui existait sur place et j’ai réalisé qu’il y avait tout ce dont on avait besoin ici. En effet, notre nature est tellement riche et fertile. Je me suis amusée à faire des produits maisons et à les partager autour de moi. Quand j’ai vu les résultats, j’ai voulu m’engager sérieusement. Et surtout je voulais que cela soit en accord avec mes convictions et les valeurs que je défends.

Pourquoi ce concept ?

Avec CocoMoon, nous avons voulu créer un concept qui tourne autour de la valorisation et la préservation du patrimoine culturel et agricole tout en véhiculant une image positive de la beauté naturelle. Nous offrons des produits simples, efficaces et économiques.
Ils sont adaptés à tous, bien que nous mettions en avant ses vertus capillaires.

À quoi ressemble ton quotidien ?

Mes journées sont planifiées la veille. Avant de me coucher je planifie mes activités et au réveil je suis d’attaque.

J’ai plusieurs casquettes et c’est très important que je puisse être bien organisé.

En général, avant que la maisonnée se réveille, j’en profite pour m’occuper de moi (bien-être et apprentissage). Ensuite, je fais un checking sur ma TODO LIST et je fais au fur et à mesure en fonction de l’urgence et de l’importance.

Mes journées ne sont pas toujours les mêmes. Je navigue entre mes activités COCOMOON, mes responsabilités associatives en tant que présidente de la plateforme des femmes entrepreneurs comoriennes EFOICOM et mes missions de consulting. En effet, j’accompagne les porteurs de projets, les structures associatives ou les sociétés qui sollicitent mon expertise pour optimiser leurs activités.Avoir des routines me permet d’avoir un équilibre autour de toutes ces activités qui me permettent de m’épanouir. Toutefois, j’ai appris à laisser un espace pour accueillir les imprévus.

Quelle a été ta plus grande difficulté ?

Dans notre démarche nous œuvrons pour la préservation des ressources locales, une des principales difficultés est le manque de structuration de la filière du coco. Cela rend instable notre production. Mais actuellement, nous travaillons pour régler ce problème.

Quelle a été ta plus grande satisfaction ?Je suis heureuse de voir aujourd’hui aux Comores les femmes arborer avec fierté leurs cheveux naturels. Quand j’étais plus jeune, les filles autour de moi avait hâtes de se marier ou d’avoir leur bac, pour enfin avoir le droit de se défriser les cheveux. C’était comme une étape vers la féminité. Aujourd’hui les mentalités ont changé.

Quels sont tes projets ?

Je préfère garder le suspens…. Je peux juste vous dire que nous vous réservons de très belle surprise avec CocoMoon beauty.

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes qui souhaitent créer leurs sociétés ?

De se lancer dans un domaine qui les passionne et de ne s’entourer que de personne qui partage les mêmes valeurs qu’eux.L’entrepreneuriat n’est pas un long fleuve tranquille. Il faut voir les contraintes et les difficultés comme des cadeaux bonus qui te permettent de te dépasser et te perfectionner. Chaque étape réussite de permets de te rapprocher encore plus de tes objectifs et de les réussir.

Un mot de Racha : Moufida est très humble, je souligne donc, que les produits de son entreprise sont présents au Canada et en France. J’en profite pour la remercier pour ce partage. C’est une femme exceptionnelle et généreuse avec laquelle j’ai toujours le plaisir de discuter.

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